Le sport automobile et le progrès technique

Le sport automobile, un atout pour le développement des nouvelles technologies vertes

Un peu d’histoire

La première course automobile a été organisée 22 juillet 1894. Elle reliait Paris à Rouen et comptait 21 concurrents. Peu de gens possédaient de tels véhicules. C’était un monde dominé par le cheval et la calèche. Le public répondit pourtant présent au rendez-vous avec enthousiasme à ce premier rendez-vous du sport automobile et du progrès technique.

La presse évoque des voitures sans chevaux

Par la suite, l’édition de 1897, Paris-Dieppe a innové en combinant non seulement des motocycles, mais aussi des voiturettes à vapeur ainsi que des automobiles à pétrole. Admirant une joyeuse pagaille de concurrents très inventifs, le public vint nombreux.

L’époque est d’une très grande créativité .

Toutefois, nombreux seront ces audacieux inventeurs à se blesser ou à trouver la mort en testant leurs créations. Les images d’époque en noir et blanc montrent avec humour les rêves géniaux ou farfelus de ces hommes.

L’engouement du public favorise le développement de ces étranges machines malgré leur rareté

A noter aussi que des créateurs tentèrent de développer une énergie alternative. C’est la cas de la “La Jamais Contente” une voiture en forme de fusée qui en 1899 dépassa les 105 km/h avec un moteur…électrique. Oui déjà !

Camille Jenatzy et son épouse aux Tuileries

Malgré cet exploit c’est le moteur à essence qui a été choisi bien que la performance de”La Jamais Contente” était pourtant sensationnelle.

Toutefois, le véhicule électrique développait un rapport poids/puissance insuffisant et un temps de rechargement qui était bien trop long. Il faut dire que les lignes électriques de l’époque ne fournissait qu’une faible puissance dans les rares prises électriques.

L’entre-Deux-Guerres

Tout d’abord, les années 1920 et 1930 voit le triomphe du moteur à explosion ainsi que la réalisation de véritables exploits internationaux comme la “Croisière Jaune” de Beyrouth à Pékin.

Par la suite, une expédition a été organisée avec succès par André Citroën, la “Croisière Noire”.

Toutefois, les gisements de pétrole deviennent peu à peu des enjeux stratégiques entre grandes puissances.

Dans des conditions extrêmement difficiles les camions se frayent un chemin

Des véhicules furent spécialement équipés pour ces traversées périlleuses à mi-chemin entre l’expédition et la compétition.

Ces expéditions des années 1930 sont des compétitions où l’homme lutte contre une nature hostile.

Ces événements sont des coups de publicités de génie des fabricants d’auto en alliant exotisme et fascination pour le progrès technique.

Par la suite, tout au long du XXème siècle, la course automobile développe des avancées technologiques au le plan de la vitesse, de l’aérodynamisme mais aussi de la sécurité des pilotes. L’âge d’or se situe dans les années 1970 avec des pilotes tels que l’Autrichien Niki Lauda.

Ainsi le moteur à essence était roi. Dans les années 1970, seuls quelques mouvements écologistes contestent encore sa pollution pour l’environnement.

Enfin, la crise pétrolière de 1973, la guerre Iran/Irak (1979 – 1988) mais aussi la guerre du Golfe (1991) s’annoncèrent comme des mauvais signes pour les années suivantes. Le moteur à essence n’avait vraiment plus la côte.

Les progrès de l’automobile à essence doivent beaucoup à la compétition et à l’indulgence du public sur la pollution.

Le nouveau contexte du début du XXIème siècle pour les sports automobiles et le progrès technique

A partir des années 2003, la prise de conscience écologique émerge avec force et se fait sentir dans les médias jusqu’au monde politique. Les sports automobiles sont accusés de favoriser la pollution avec les rejets de CO2. L’industrie pétrolière est accusée d’accélérer le réchauffement climatique et de favoriser les guerres pour la maîtrise des ressources telles que le pétrole. On pense surtout à la guerre d’Irak en 2003.

Il devient nécessaire de trouver un autre chemin.

Dans les années 2020, déjà certaines villes allemandes comme Stuttgart prévoit l’interdiction du moteur diesel. Il est accusé de rejeter trop de particules fines dans l’atmosphère. Pourtant des ingénieurs tentent d’apporter des innovations avec un diesel devenu plus intéressant car consommant moins et polluant moins. Ces voix restent inaudibles dans le débat sur la transition énergétique actuelle.

Il est amusant de penser que c’est l’Allemand Alfred Diesel qui a créé ce moteur diesel en 1897 et que ce sont les Allemands qui seront les premiers dans le monde à l’interdire très prochainement.

La Formule E ou l’émergence de la Formule 1 électrique

En premier lieu, la Formule E née en 2011 ambitionne de révolutionner la course automobile. Ainsi, les moteurs sont électriques et écologiquement propres. De même, le niveau de bruit se situe autour de 10 décibels ce qui situe les véhicules au dessus d’un véhicule de tourisme mais bien en dessous des Formules 1 à moteur essence. Pour mémoire, une tondeuse à gazon peut attendre les 98 décibels de bruit.

Renault a été un des précurseurs dans la construction de ce type de véhicule. Par la suite, les constructeurs tels que Audi, Nissan, BMW, Porsche, Jaguar ou encore Mercedes-Benz ont souhaité également participer à la formule E.

Participer à de tels événements donnent une “visibilité écologique” à une firme automobile. Ce qui a son importance à l’époque actuelle pour l’image et la publicité.

Enfin, le véhicule emblématique de la compétition est la Spark-Renault SRT 05E de 2ème génération. Sa structure est alvéolaire en aluminium et en fibre de carbone. La Spark-Renault passe du 0 à 100 km/h en 2,8 secondes à peine. Sa vitesse maximum est de 280 km/h. De quoi rivaliser avec les moteurs à essence sur ce plan-là à condition de mettre de côté la fameuse question du rechargement des batteries.

Spark-Renault 05 E 250 KW soit 335 ch

Ainsi les courses se déroulent dans des circuit urbains temporaires. L’E-prix de Berlin en 2015 s’est déroulé sur le circuit de l’ancien aéroport de Tempelhof de Berlin aujourd’hui désaffecté. De son côté, la ville de Paris a organisé une course en pleine ville en 2017.

La grande force des voitures “vertes” est de voir leurs courses organisées dans des espaces à la fois plus ouverts et plus proches du public. C’est un peu un retour aux sources dans l’esprit des premières courses de 1894.

Michelin et Faurecia choisissent l’hydrogène

Détenue à part égale par Michelin et Faurecia, Symbio conçoit, produit et commercialise des systèmes à hydrogène pour les véhicules légers et commerciaux mais aussi pour les bus et les camions. Son ambition est de devenir le leader mondial des moteurs à hydrogène dans le sport automobile et le progrès technique.

Pour cela Symbio a annoncé un premier investissement à hauteur de 140 millions d’euros. Cet argent est destiné à accélérer le développement d’une nouvelle génération de piles à combustible. Au final, on vise la production en série.

La France se verrait très bien en nouvel eldorado de l’hydrogène. Mais en a-t-elle les moyens financiers ?

Les véhicules que Symbio a équipés ont déjà parcouru 3 millions de kilomètres ce qui rend son expertise unique dans le monde. Cette société commercialise la gamme StackPack et devrait produire 200 000 par an d’ici 2030.

Michelin et Faurecia voudraient réaliser un chiffre d’affaires de 1,5 milliards d’euros et capter 25% des parts de marché. L’objectif est ambitieux.

Principe de fonctionnement

LE MOTEUR ÉLECTRIQUE
ASSURE UNE PROPULSION
ZÉRO ÉMISSION

LA PILE À HYDROGÈNE
PRODUIT L’ÉLECTRICITÉ
À BORD

LA BATTERIE
ET LA PILE HYDROGÈNE
ALIMENTENT LE MOTEUR

LA BATTERIE SE RECHARGE
SUR LE SECTEUR,
L’HYDROGÈNE À LA STATION

On produit de l’électricité pour produire de l’hydrogène. Et avec de l’hydrogène on produit…de l’électricité. La boucle est bouclée.

La mission H24, la voiture de course à hydrogène

Tout d’abord, c’est en Belgique sur le célèbre circuit de Spa-Francorchamps que l’ACO – Automobile Club de L’ouest – lance la mission H24 dont l’objectif est d’intégrer aux 24 Heures du Mans 2024 une catégorie “Hydrogène“. En effet, il faut aussi noter que l’ACO est aussi le prestigieux créateur et organisateur des 24h du Mans. Son but est d’utiliser les sports mécaniques afin de promouvoir à terme la technologie hydrogène pour le grand public à l’image de ce qui s’est fait par le passé.

la Green GT LMPH2G avec Yannick DALMAS

En définitive, la voiture de course à hydrogène est une première mondiale. Elle réalise des tours de circuit à une vitesse impressionnante avec un son unique. Toute l’essence qui relie le sport automobile et le progrès technique.

Conclusion

En premier lieu, le sport automobile et le progrès technique génère des dépenses astronomiques dans la recherche nécessaire pour développer la performance, la sécurité mais aussi désormais…la protection de la nature (ça parait surprenant mais oui il faut le dire !).

La compétition est un moyen de faire progresser la technologie.

Ensuite, les retours d’expérience du monde de la course automobile pourront bénéficier au grand public très prochainement. Actuellement, chaque salon automobile dans le monde fait la part belle aux véhicules verts.

Ainsi, concernant le sport automobile et le progrès technique, on a des innovations qui concernent les véhicules et les rendent plus confortables tout en assistant l’homme dans sa conduite.

Il est à noter que le temps où écologie rimait avec hippies et Flower Power, fumettes et utopies, pourrait bientôt appartenir au passé.

De même, l’écologie pourrait alors profiter d’une nouvelle image plus dynamique et plus industrielle grâce au monde qui comprend le sport automobile et le progrès technique. Pleinement insérée dans le tissu économique, elle pourrait bientôt séduire un tout nouveau public et de manière beaucoup plus large. Une première !

En Définitive, l’industrie verte pourrait aussi créer des centaines de milliers d’emplois grâce à ces technologies issues de la compétition automobile dans les années à venir. Des nouvelles découvertes technologiques vont certainement continuer à arriver jusqu’à nous et nous émerveiller encore.

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