Le Nemeton le temple celtique

La pratique du culte celtique remonte à la nuit des temps. Les populations celtes se sont répandues dans toute l’Europe et notamment en Gaule dès la Préhistoire. Le Nemeton en langue celtique désigne un bois, un enclos sacré. Les archéologues situent cette pratique religieuse principalement en Europe de l’ouest. Le Nemeton, le temple celtique est l’expression de ce culte qui a prévalu jusqu’à la conquête romaine par Jules César en 52 av JC. Depuis cet événement, on a assisté à une romanisation de la Gaule. Ainsi, on a remplacé le terme celte de Nemeton par le terme romain de Fanum qui désigne un emplacement délimité consacré à un dieu.

Par la suite ce culte transformé s’est maintenu jusqu’à son interdiction par les empereurs romains devenus chrétiens au IV ème siècle de notre ère.

Les vainqueurs écrivent l’histoire. Peu de choses sont parvenues jusqu’à nous concernant les peuples celtiques dont faisaient partie les Gaulois. Finalement, leur histoire nous est connue par les récits des conquérants Romains. César dans sa “Conquête des Gaules” publie un récit tout entier à sa gloire personnelle avec en arrière-pensées quelques visées politiques.

Enfin, on redécouvrira les Gaulois grâce à Napoléon III (1852 – 1870). En effet, l’Empereur cherche dans l’histoire des Gaulois un ciment d’unité nationale dans lequel chaque Français de cette époque est sensé se trouver un ancêtre.

Disposition unique du Nemeton

Tout d’abord, le Nemeton offrait une disposition unique bien différente du temple romain.

Plan d’un sanctuaire

Ainsi, on avait une Cella qui est une pièce couverte bien visible au centre. C’est là où résidait le dieu. Cette pièce était le plus souvent carrée. Elle pouvait aussi être ronde ou rectangulaire. Celle-ci pouvait être entourée d’une galerie, couverte ou non.

Tout autour de la Cella, se trouve un enclos sacré dédié à la divinité. Les constructions celtiques au départ en bois sont devenues de plus en plus imposantes. Cela s’est fait avec l’utilisation de la pierre d’influence romaine.

Enfin, on délimite l’espace sacré par un fossé ou un mur.

De plus, dans les religions antiques, le temple est la demeure sacrée du dieu. Seuls les prêtres y pénètrent, les rites incluant les fidèles avaient lieu à l’extérieur du temple.

Enfin, les fouilles archéologiques concernant le Nemeton ont révélé des constructions en bois dans le sous-sol des bâtisses de type “romain”.

Evolution architecturale du Nemeton

Au commencement, il s’agissait d’un temple en bois.

Puis on a rajouté bien plus tard des galeries de circulation. Cependant, on ignore l’utilité de cette galerie : elle pouvait servir à une déambulation des fidèles autour de la cella. Ils pouvaient ainsi se rapprocher de la divinité. Cette disposition expliquerait la phrase de Strabon :

« Les Gaulois semblent vénérer leurs dieux en tournant autour. »

Restitution d’un fanum sur le Martberg dans l’Eifel, Allemagne.

Les fouilles ont révélé un Fanum possédant des murs épais de 0,48 m en granit gris avec une élévation résiduelle de 0,50 m en moyenne.

Un enduit, peint de diverses couleurs, recouvrait les murs (rouge, jaune, gris avec des traces de noir, brun, rose, vert et blanc). Des pierres plus importantes, parfaitement taillées, renforçaient les angles des murs.

Le sanctuaire des Pièces Grandes situé à Margerides en Corrèze révèle une construction élaborée.

Les fouilles de Jacques Le Maho sur le site de l’abbaye de Boscherville ont révélé l’existence de sanctuaires successifs.

Cernunnos, divinité emblématique

Cernunnos est un dieu gaulois représenté avec des cornes de cerf.  Figure majeure du panthéon celtique, il incarnerait le cycle biologique de la nature, reflétant simultanément la vie et la mort, la germination et le dépérissement, à l’image du cerf.

Le cerf est un symbole qui perd ses bois en hiver pour les recouvrer au printemps. Fréquemment associé à la Déesse-mère, une autre figure majeure du panthéon celtique, il représenterait par ailleurs la puissance masculine et la fécondité.

Sur cet objet, on représente le dieu Cernunnos assis en tailleur, à la manière « bouddhique ». Ce qui peut paraître déroutant pour une divinité Celte.

Cernunnos sur le chaudron de Gundestrup.

Cette posture est traditionnelle des dieux et des héros celtes, représentés en tailleur. Cernunnos porte le bijou emblématique des Gaulois, le torque, parfois autour du cou, accroché à ses bois ou dans une de ses mains.

Enfin, on représentait ce dieu aussi bien en jeune homme ou en vieillard car il représentait le cycle de la vie.

Conclusion

Bien peu de témoignages sont arrivés jusqu’à nous concernant le Nemeton le temple celtique. Devant la faiblesse des indices et des témoignages, les archéologues en sont parfois réduits à supposer.

Derrière toutes ces représentations religieuses c’est toute la culture et la psychologie d’un peuple qui réapparaît à nos yeux.

Les fouilles révèlent un culte dynamique et riche de représentations variées. Plus surprenant encore est d’imaginer que l’élite gauloise dont Vercingétorix en personne maîtrisait le Grec ancien.

Ainsi, les Celtes ou Gaulois apparaissent comme un peuple utilisant avec talent l’art des représentations subtiles. Une même réalité pouvait revêtir plusieurs visages comme le montre les représentations de leurs dieux. De plus, la position de Bouddha du dieu celte Cernnunos tend à démontrer l’ouverture et le contact avec des civilisations orientales.

Le Nemeton le temple celtique pourrait peut être un jour révéler d’autres secrets.

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